04 janvier 2009

Meilleurs voeux 2009 et les suivants

Mes voeux personnels sont ici.

Mais, dans cet article, je viens vous proposer de lire la "carte" de voeux" que je viens de recevoir de Jean-Marc Jancovici    Version imprimable - pdf

Chers ami(e)s, collègues,

et tout le reste de la ridicule fraction de la population francophone
qui lira ceci (qui est bien un message de vœux, si si, il suffit d'attendre la fin),

Pendant 5 secondes, j'y ai cru. Pensez donc : c'est la première fois depuis que je suis né (et vous aussi) que nous avons à la fois :

  • un candidat qui a signé le pacte écologique,

  • un n°2 du gouvernement en charge de l'environnement (même que le premier titulaire était ancien premier ministre),

  • un Grenelle avec Greenpeace embrassant presque le Ministre sur la bouche,

  • et enfin 2 prix Nobel (Sen et Stiglitz) chargés de remplacer le PIB par quelque chose de plus djeun's.

Ça ne faisait donc pas un pli : le plus célèbre jogger national était à 2 doigts d'écrire avant moi quelque chose comme ceci.

C'est dire si la guettais, pendant les vœux, la petite phrase du locataire de l'Élysée expliquant que :

  • ce qui nous arrivait ressemblait bigrement à une crise de ressources .

  • qu'il n'y avait rien d'étonnant à voir une récession à la suite d'une envolée du prix du pétrole, comme cela a toujours été le cas depuis 1970, et que l'urgence était donc de « sortir l'économie du pétrole » si on voulait garder un bon souvenir de l'avenir en général et de lui en particulier, où je m'étais même permis un pronostic sur le chômage « entre 2007 et 2009 » ; à l'époque j'aurais du parier quelques bouteilles de champagne si j'avais eu le cœur à le faire sur un sujet aussi peu comique).

Je le voyais donc arriver gros comme le nez au milieu de la figure, le couplet sur le fait que la relance serait environnementale ou ne serait pas (en plus y avait qu'à copier Obama, même pas la peine que les conseillers de notre présent se creusent la caboche), puisqu'il n'y aura pas plus d'activités économiques sans ressources naturelles que de beurre sans lait.

Et bien j'en aurai été pour mes frais : rien ! nada ! Nib ! peau-de-balle ! bernique !

  • Pas le moindre atome de carbone dans l'allocution !

  • Pas la moindre ressource environnementale dans la feuille de route !

  • Pas la moindre ambition de nous "sortir du fossile" alors que (presque) tout ce que la planète compte de pétroliers et de scientifiques du climat est pendu à la corde du tocsin !

Tiens, rien que pour rire, et pour vous montrer que je sais tout aussi bien faire la pub des autres, allez donc télécharger la manière dont Shell - pas spécialement connu comme groupe d'activités écolos – voit notre avenir énergétique en "business as usual" dans les décennies qui viennent (il s'agit du scénario "scramble" dans ce document).

Pour ceux qui n'auront pas le temps, je vous la fais courte (mais bonne) : si nous ne prenons pas le taureau énergétique par les cornes très très très très vite,

  • c'est le b... noir qui nous attend dans les décennies qui viennent,

  • et pas du tout la merveilleuse relance promise par tout ce que le gouvernement compte de doux rêveurs oubliant qu'il y a des limites physiques à prendre en compte dans nos visions de l'avenir.

En prolongation tendancielle, le bazar n'attendra hélas pas 2100, ni même 2050, mais il sera là dans (moins d')une génération.

Du pétrole en quantités croissantes pour l'éternité ? Fume ! Dès à présent, une trentaine de pays producteurs de pétrole - et pas des moindres – ont passé leur pic de production, ou vont le passer très prochainement .

Et on ne parle même pas du changement climatique, où les publications scientifiques récentes montrent à peu près toutes que l'évolution va plus vite qu'on ne le pensait avant, même si la température en France en ce 4 janvier vous persuadera du contraire (mais la France c'est 0,1% de la planète ; certes nous sommes au centre du monde mais nous n'occupons pas toute la place disponible :-) ).

Et à la place d'un plan qui ravirait les quelques millions d'enfants de notre pays, que nous concocte notre président ?

Une "relance économique" basée sur ce qui a fonctionné au 20è siècle, en croyant que ça va continuer à fonctionner à l'avenir, avec force vente de voitures et kilomètres d'autoroutes, une pincée d'immobilier en banlieue étalée pour pimenter le tout (car l'étalement urbain est la conséquence concrète des prêts actuels), en nommant même un ministre pour faire le contraire de ce que devrait normalement faire Borloo.

Y'a pas à dire, la politique c'est un beau métier.

Pour achever de faire sérieusement douter de la sincérité de notre premier magistrat quand il dit qu'il a compris le lien entre environnement et économie ("vu de Mars", tout ça ne serait qu'une posture que les discours et actes ne seraient pas différents), nous avons droit à l'admiration du président pour Allègre, remis en selle pour s'occuper d'innover dans la recherche.

Pour les scientifiques du climat, une telle nomination n'est pas beaucoup plus sympathique que si le président les avait directement injuriés en public, ou à peu près .

Quelqu'un pourrait-il faire respectueusement remarquer à notre amoureux transi que nous sommes au 21ème siècle depuis 8 ans déjà, et qu'il est temps de laisser au vestiaire les croyances et personnages du 20ème ?

Allons, ne nous laissons pas aller au désespoir, car il y a au moins un avantage à ce que notre Nicolas national ait décidé de parler d'avenir sans parler d'environnement : je peux le faire sans que vous ayez à craindre le réchauffé.

Mais avant de parler du fond, on va faire un petit détour par la forme. En effet, à force de me faire réprimander par tou(te)s celles et ceux qui m'expliquaient que oui, Manicore, très bien tout ça, mais que c'était un b... noir pour s'y retrouver, et que le graphisme devait dater de la grotte de Lascaux ou à peu près, j'ai enfin franchi le pas du web 0,1 point zéro !

Manicore en 2009 vous offre donc :

  • des menus déroulants permettant d'accéder à n'importe quelle page en un "one clic", et ce quelle que soit la page sur laquelle vous êtes,

  • - un moteur de recherche (merci Google) accessible en permanence, quelle que soit la page affichée,

  • - un plan d'ensemble du site accessible en permanence

  • - un retour vers le haut de page accessible quelle que soit la page (quand vous êtes en bas),

  • - la bonne adresse de la page consultée qui s'affiche dans le navigateur, ce qui simplifiera les signets et les envois de pages aux cop(a)in(e)s à démoraliser,

  • - et je dois en oublier, puisque ce n'est pas moi qui ai fait le boulot :-)

    Seul inconvénient : la « techno » moderne consomme du temps de CPU, et l'affichage des pages est désormais un peu moins rapide. On n'a rien sans rien....

    A l'occasion de ce grand nettoyage d'hiver, j'ai fait quelques mises à jour secondaires :

  • - sur la page sur les conférences passées , surtout dans le bas de la page)

    Vous n'aimez pas l'informatique et préférez la "vieille" économie, avec force papier ?

    Tout est prévu ! Je suis en effet heureux de vous annoncer la prochaine parution :

- le 15 janvier prochain, de « Le réchauffement climatique expliqué à ma fille » ,

- et, une semaine après seulement (le 22 janvier), de "c'est maintenant !", qui constitue la suite du « plein s'il vous plait », avec la même doublette infernale aux manettes .

Je précise que que, heureusement pour mon éditeur,

  • on peut lire le premier même si on n'est pas ma fille (sinon, le pauvre, en finançant un bouquin pour 2 lectrices seulement, il se préparerait à boire un de ces bouillon, pire que la Société Générale),

  • et qu'on peut lire le second même si on n'a pas (encore) de fille !

Alors n'attendez pas : précipitez vous chez votre banquier, et implorez le à genoux d'utiliser une partie des 300 milliards du plan de sauvetage des banques pour vous laisser augmenter votre découvert de 26,50 €, parce que le sujet le vaut bien.

Du reste, votre banquier tirerait le plus grand profit de la lecture du second, puisque nous annonçons benoîtement que les crises environnementales se traduiront (entre autres) par des déconfitures bancaires en série.

Ça ne vous rappelle rien.... ?

Là-dessus, finissons par le meilleur, et le plus évident en ce 4 janvier de l'an de grâce 2009 : tous mes vœux pour l'année à venir, qui sera assurément une année « intéressante » sur les fronts de l'énergie et du changement climatique.

Je ne sais pas si ça sera bon ou mauvais, mais au moins l'ennui ne sera pas au rendez-vous, ça sera toujours ça de pris !

Très cordialement à tous

Jean-Marc Jancovici



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