14 janvier 2007

L'île de Gorée, l'île des esclaves

J'ai mis pieds à terre en Afrique, à Conakry, l'année passée. Cette approche très brève de quelques heures, le temps d'une escale, je l'ai vécu comme un choc, un traumatisme.

J'y ai découvert un pays d'une pauvreté criante et plus encore que cette pauvreté, c'est ce sentiment de désespoir qui se lisait dans de nombreux regards qui m'a donné comme une paire de claques. J'avais vu des gens sans doute aussi démunis en Inde ou au Népal. Mais là dans la rue au coeur de la capitale, loin des touristes très peu nombreux, les visages trahissaient plus que la pauvreté : la misère et le chaos.

Un ami rentre ces jours-ci d'un voyage au Sénégal. Il est bouleversé par la découverte de la réalité de l'esclavage sur l'île de Gorée qui fût longtemps le point des départs des esclaves vers les amériques.
Je suis passé au large devant cette île près de Dakar. Vue de la mer, elle ressemble aujourd'hui à une île "paradisiaque" pour touristes fortunés. On remarque cependant parmi ces maisons de type colonial, des bâtiments avec des grilles. C'étaient les prisons.
Est-ce un hasard, qu'aujourd'hui, du même endroit, des milliers de jeunes africains prennent un réel risque de mourir en s'embarquant sur des bateaux pour rejoindre les Iles Canaries, espérant ainsi aller faire leur vie en Europe ou en Amérique.

L'esclavage "officiel" est terminé ( il existe encore dans de nombreux pays sous des formes plus sophistiquées).

Je propose que l'on visite ce lieu qui symbolise l'esclavage.


L’île de Gorée fut l’une des principales têtes de pont de l’esclavage en Afrique.

Le commerce triangulaire

Partis de Lisbonne, Bordeaux ou Nantes, les navires longeaient les côtes africaines et échangeaient leur pacotille contre des esclaves. Si des blancs ou des métis servirent d’intermédiaires avec les marchands, ce furent les chefs africains qui se livrèrent à la chasse aux esclaves. Ces derniers étaient en général des prisonniers de guerre.

Les futurs esclaves étaient ensuite transférés après inspection de leur état de santé dans des ports de transit dont Gorée est l’archétype. La maison des esclaves servaient à enfermer les prisonniers avant que l’on vienne les chercher. S’ils étaient trop maigres, on les faisait engraisser, on les « blanchissait », afin d’améliorer leur valeur marchande.

Les cales pleines, les navires négriers mettaient le cap sur les Amériques. Jusqu’à six cent esclaves pouvaient s’entasser dans les soutes. La journée, seuls les femmes et les enfants avaient le droit de sortir. De temps en temps, on les arrosait et les faisait danser pour les maintenir en vie.



2 commentaires:

Marine Piriou a dit…

Au sujet de la traite négrière, je vous recommande la lecture du roman historique intitulée "La Mulâtresse Solitude" d'André Schwarz-Bart. Vous trouverez également sur le blog "La Plume Francophone" (http://la-plume-francophone.over-blog.com/)l'un de mes articles analysant le double thème du chaos et de la fondation dans cette oeuvre littéraire de 1972 (cf. Rubriques, dossier n°5: Chaos et fondation).

Bien cordialement,

Marine Piriou

Anonyme a dit…

C'est tout simplement incroyable de continuer à suivre et faire confiance à des personnes qui conservent les gènes de ceux qu'ont orchestré cette traite...aliénation totale